En prenant les rênes de Manchester City en 2016, Pep Guardiola n’imaginait pas l’emprise qu’il exercerait sur son voisin éternel, Manchester United. À cette époque, le banc de United était dirigé par José Mourinho et comptait dans ses rangs des joueurs de la trempe de Zlatan Ibrahimovic et Romelu Lukaku.
Lors du 20e derby mancunien orchestré par Guardiola, City a infligé une correction à United en s’imposant 3-0 à Old Trafford. Cette victoire n’est pas qu’un simple éclat dans l’éternelle lutte des deux équipes de Manchester : elle marque une hégémonie indéniable.
À l’issue de dix journées de Premier League, les « Citizens » distancent leurs voisins de neuf points, soulignant l’abyssal écart entre les deux clubs. Mais cette dominance ne se limite pas à cette saison.
Une série de trophées qui relègue United dans l’ombre
Depuis que Guardiola a pris les commandes, City a raflé cinq des six derniers titres de Premier League et réalisé un triplé l’année passée. Pour mettre en perspective cette réussite, il suffit de noter que les quatre principaux trophées remportés par Manchester City depuis la saison dernière équivalent à ceux décrochés par United depuis le départ de Sir Alex Ferguson il y a dix ans.
Interrogé sur cette suprématie lors de la conférence de presse d’après-match, Guardiola a manifesté son étonnement. « Je sais ce que nous avons accompli. Je ne peux pas parler pour Manchester United, car je n’évolue pas ici. Mais je ne l’avais pas anticipé, surtout en arrivant dans un pays où Mourinho dirigeait United et Ibrahimovic était leur attaquant vedette », a-t-il déclaré.
La cohésion, pilier de la réussite selon Guardiola
L’entraîneur catalan attribue en grande partie le succès de City à une cohésion de l’ensemble du club, depuis la direction jusqu’aux joueurs. « Nous partageons une direction commune, qu’elle soit bonne ou mauvaise, peu importe. Ce qui compte, c’est que nous allons dans cette direction », a souligné Guardiola.
Ce sens de l’unité tranche avec l’atmosphère perçue du côté de United. Gary Neville, ancien joueur de United et actuel consultant pour Sky Sports, a décrit les commentaires de Guardiola sur la stabilité comme étant « un tacle monumental à l’encontre de la gestion de United ».
Sur son podcast, Gary Neville a mis en lumière l’absence d’une culture victorieuse à United, malgré la présence de coaches talentueux tels que Mourinho ou encore Erik ten Hag. « Ce n’est pas à cause d’un joueur ou de leurs aptitudes. C’est plutôt une défaillance culturelle », a analysé Neville.

