Andres Iniesta s’exprime sur l’affaire Rubiales

Le milieu emblématique du football espagnol, Andrés Iniesta, a rallié les voix critiques contre Luis Rubiales, président suspendu de la Fédération Espagnole de Football (RFEF), dans un contexte ébranlant l’intégrité du sport dans la péninsule ibérique. La cause du tumulte repose sur un baiser non-consenti de Rubiales envers Jenni Hermoso, à l’issue de la finale de la Coupe du monde féminine. Ce geste, selon Iniesta, porte préjudice à l’ensemble du football national.

Coupe du Monde : le baiser forcé à une joueuse qui scandalise l'Espagne

Exprimant sa consternation sur ses plateformes sociales, Iniesta s’est autoproclamé porteur de plusieurs casquettes : père de trois filles, époux, mais surtout acteur majeur du monde footballistique. « Ce qui s’est déroulé récemment autour de notre équipe nationale féminine et du football espagnol est inacceptable, » a-t-il déploré.

Une onde de choc au sein de l’équipe nationale

« Je trouve insupportable que des agissements comme ceux que nous avons observés entachent un événement aussi significatif qu’un sacre mondial, » a précisé le héros de la finale 2010 face aux Pays-Bas, qui avait propulsé l’Espagne sur la plus haute marche du podium pour la première fois de son histoire. Cette prise de position intervient alors que Jenni Hermoso a elle-même révélé que le baiser n’avait jamais été consensuel, suscitant une tempête au sein de l’équipe nationale.

Face à l’indignation générale, 80 joueurs de la sélection, incluant Hermoso et l’intégralité de l’équipe ayant participé au Mondial, ont décidé de boycotter les prochaines rencontres sous les couleurs nationales. Le comité de direction de la RFEF a également été ébranlé par une vague de démissions parmi l’encadrement de l’équipe féminine.

Des répercussions au-delà des frontières sportives

Le comité de protection contre la violence sexuelle de la RFEF a tenu à spécifier qu’une procédure d’enquête était actuellement en cours. Parallèlement, Luis Rubiales fait l’objet d’une suspension de 90 jours de la part de la FIFA, tandis que le gouvernement espagnol envisage une mesure similaire, dont la décision pourrait être prise dès lundi. Iniesta dénonce ainsi le fait que cette affaire ait détourné l’attention de la performance de l’équipe : « Plutôt que de célébrer un parcours exceptionnel, nous sommes contraints de nous focaliser sur l’intransigeance d’un président, nuisant ainsi à l’image de notre sport et de notre nation au niveau international. »

La controverse a également transcendé les frontières du football, avec des déclarations venant d’horizons variés, comme celle de l’actrice américaine Natalie Portman, qui a affiché son soutien à Jenni Hermoso sur Instagram. La réponse de la RFEF à la suspension de la FIFA a été de défendre l’honneur de Rubiales, en insistant sur sa quête pour « faire éclater la vérité et prouver son innocence totale ».

Un futur incertain pour la direction de la RFEF

Les complications pour Rubiales pourraient s’aggraver, car les médias espagnols rapportent qu’une réunion du Tribunal Administratif du Sport (TAD) est programmée pour lundi. Le ministre des Sports espagnol, Miquel Iceta, a confirmé cette information et évoque des charges « gravissimes » contre le président suspendu. « Si la plainte du gouvernement est acceptée par le TAD, nous suspendrons immédiatement le président de ses fonctions, » a prévenu le ministre.

Enfin, la RFEF, maintenant sous la houlette du président par intérim Pedro Rocha, a convoqué une réunion d’urgence pour lundi avec les présidents des fédérations régionales. Ce rassemblement pourrait déterminer l’avenir de Rubiales et, de manière plus large, l’orientation de la Fédération Espagnole de Football dans un moment d’une fragilité sans précédent.


Billet rédigé par Mathieu C. (modifié le dimanche 27 août 2023 à 13:44) Mathieu

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