Jenni Hermoso rejoint la grève des joueuses espagnoles

Le milieu de terrain espagnol Jenni Hermoso a annoncé son ralliement à une grève massive des joueuses, en réaction à un baiser non consenti de la part du président de la Fédération de football espagnole (RFEF), Luis Rubiales. La décision survient après la victoire historique de l’équipe féminine d’Espagne lors de la Coupe du monde.

Angry reaction after Spanish soccer leader kissed a Women’s World Cup star on the mouth

L’union syndicale des joueuses, Futpro, a publié une déclaration signée par Hermoso et 80 autres footballeuses, déclarant qu’elles déclineront toute sélection en équipe nationale « si l’actuelle direction persiste » à la tête de la RFEF. Cette déclaration est d’autant plus marquante qu’elle inclut les 23 joueuses sacrées mondiales.

Le refus de démission de Luis Rubiales éveille la controverse

Contre toute attente, Rubiales, 46 ans, a résisté aux pressions et refusé de démissionner lors d’une réunion d’urgence de la RFEF. Il a tenté de défendre son geste en affirmant, dans un discours enflammé, que son baiser sur les lèvres d’Hermoso avait été « mutuel, euphorique et consensuel ». Selon lui, la joueuse avait même « souligné son consentement en le prenant dans ses bras ».

Cependant, Jenni Hermoso a rétorqué fermement aux affirmations de Rubiales, indiquant qu’elle s’était sentie « vulnérable et victime d’une agression ». Dans la déclaration de Futpro, elle a tenu à préciser : « Je n’ai jamais donné mon accord pour ce baiser et je n’ai en aucun cas tenté de soulever le président ».

L’élan de solidarité s’étend au-delà des frontières du terrain

Le syndicat Futpro a également souligné que chaque signataire du document prend position pour provoquer un changement. « C’est avec tristesse que nous constatons qu’un événement inacceptable parvient à ternir le plus grand succès sportif du football féminin espagnol », a déclaré l’union dans son communiqué.

Avant ce scandale, 15 joueuses avaient déjà manifesté leur mécontentement à l’encontre de la Fédération et de l’entraîneur Jorge Vilda. Certaines ont depuis changé d’avis, mais trois d’entre elles ont contribué à la victoire en Coupe du monde en Australie et en Nouvelle-Zélande. De nombreux soutiens, dont Alexia Putellas, double lauréate du Ballon d’Or, ont manifesté leur solidarité envers Hermoso sur les réseaux sociaux.

Conséquences politiques et judiciaires pour la RFEF

Dans un autre développement, le gouvernement espagnol a entamé une procédure qui pourrait aboutir à la suspension de Rubiales, tandis que la FIFA a ouvert une enquête disciplinaire à son encontre. De son côté, Jenni Hermoso a publié une déclaration plus détaillée sur ses comptes de médias sociaux, dénonçant « la culture manipulatrice que [Rubiales] a lui-même générée ».

Cette affaire a également fait réagir les instances politiques. Yolanda Diaz, la vice-Première ministre, s’est exprimée sur le réseau social X, autrefois connu sous le nom de Twitter, déclarant que « le gouvernement doit agir et prendre des mesures d’urgence : la fin de l’impunité pour les actions sexistes a sonné ».

Le Conseil Supérieur des Sports espagnol (CSD) a également pris position contre Rubiales, en promettant de transmettre les plaintes reçues à la Cour espagnole des Sports (TAD). Victor Francos, président du CSD, a suggéré que cette affaire pourrait bien être le catalyseur du mouvement ‘Me Too’ dans le football espagnol.


Billet rédigé par Francis T. (modifié le samedi 26 août 2023 à 19:38) francis

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