La Fédération Française de Football a récemment instauré un cadre général concernant le jeûne du Ramadan lors des rassemblements de l’équipe nationale de France. Cette décision stipule que ni les séances d’entraînement, ni les repas collectifs, ni les matchs ne seront adaptés pour répondre aux besoins éventuels des joueurs observant le jeûne.
Cette politique stricte a suscité des critiques, tant en France qu’à l’international. Néanmoins, il convient de noter que la grande majorité des joueurs musulmans français, tous âges et niveaux confondus, se sont conformés à ces nouvelles orientations, bien que certains l’aient fait de manière réticente.
Après un match nul 1-1 contre Nancy en troisième division, Habib Beye, l’entraîneur du Red Star, a exprimé son mécontentement envers la Fédération, l’accusant de promouvoir une « discrimination religieuse ».
« Mon point de vue est que je respecte profondément la foi de mes joueurs, quelle qu’elle soit », a-t-il déclaré lors de la conférence de presse d’après-match retranscrite par L’Équipe. « J’ai également des joueurs qui pratiquent le Carême. On ne voit que les aspects négatifs, alors que je n’y vois que des bénéfices. Cela crée de la cohésion, des discussions, une solidarité qui n’est pas toujours visible sur le terrain. »
Un appel à l’unité face à la division
Cette prise de position de Beye, dont l’équipe du Red Star est en tête de la National 1 et se dirige vers une promotion en Ligue 2, est une critique ouverte de la position de la FFF, qui se concentre uniquement sur les joueurs musulmans. « Je considère cela comme une discrimination religieuse. Si l’on applique cette logique à une religion, elle doit l’être à toutes, ce qui n’est pas le cas actuellement. Nous sommes divisés alors que nous devrions nous unir autour de cette logique de religion et de partage », a-t-il ajouté.
Beye, ancien joueur de Newcastle United et d’Aston Villa, a pris son équipe en exemple pour contester la position de la FFF. Selon lui, 19 des 26 joueurs de son équipe jeûnaient le jour du match contre Nancy.
« Ce qui me dérange, c’est de penser que les joueurs ne sont pas performants parce qu’ils observent le Ramadan. J’avais 14 joueurs jeûneurs, dont six étaient sur le terrain. Ils ont jeûné et ont rompu leur jeûne à 19h10, le match ayant lieu à 19h30. Avez-vous vu la performance de Walid (Bouabdeli, auteur du but du Red Star) ? Cela répond à la question que tout le monde se pose aujourd’hui. »
Des réactions mitigées face à une directive controversée
La décision de la FFF a non seulement provoqué une onde de choc dans le monde du football français mais a également révélé des tensions sous-jacentes liées à la pratique religieuse dans le sport professionnel.
Alors que certains voient dans ces directives une nécessaire neutralité, d’autres, à l’instar de Beye, y perçoivent une forme d’exclusion peu compatible avec les valeurs d’unité et de respect mutuel prônées par le sport.

