En rupture avec une collaboration de trois décennies, le jeu autrefois connu sous le nom de FIFA se métamorphose en EA Sport FC24, une version inédite à découvrir ce vendredi.
Dans cette mutation, la similitude entre le virtuel et le réel atteint un nouveau seuil : Kylian Mbappé et Wendie Renard peuvent désormais coexister dans une même formation, grâce à l’innovation majeure du mode « Ultimate Team ». Le joueur se voit offrir l’opportunité de constituer l’équipe de ses rêves, une formation mixte en l’occurrence.
Il s’agit d’une percée particulièrement notable pour Lisa, 21 ans, titulaire du titre mondial en football freestyle. Elevée dans un monde footballistique masculin, elle évoque une carence en matière de représentativité féminine dans le jeu.
« Au même titre qu’avec Maradona, on devrait avoir la liberté d’incarner des femmes au sein d’une équipe mixte », souligne-t-elle. Le jeu, édité par la firme américaine Electronic Arts, domine par ailleurs le marché français du divertissement culturel.
Laure Boulleau, l’ambassadrice du jeu, éclaire les implications sociétales
Laure Boulleau, ex-joueuse de l’équipe de France et désormais ambassadrice de ce nouvel opus, perçoit dans cette évolution une influence potentielle sur la jeune génération, filles comme garçons.
« La présence féminine dans le jeu enverra un message fort aux jeunes garçons : l’inclusion des femmes dans le monde du football est une évidence et non un sujet à polémique », insiste-t-elle.
L’écho controversé de la mixité dans la sphère virtuelle
Malgré ces avancées, des voix discordantes se font entendre. Arsène F5, un vidéaste spécialisé, trouve la dimension mixte quelque peu incongruente avec la réalité sportive où les divisions masculines et féminines demeurent distinctes.
« C’est un pas dans la bonne direction pour la mixité, même si cela peut sembler moins réaliste. Ceux qui réfutent cette option ont toujours la liberté de constituer des équipes exclusivement masculines ou féminines », explique-t-il.
Les chiffres révèlent une adoption timide des équipes féminines
Le chemin vers l’acceptation universelle est encore long. Selon les statistiques de l’année précédente, sur un ensemble de 150 millions d’utilisateurs, la proportion de ceux ayant opté pour une équipe féminine est inférieure à 8%. Ces chiffres éloquents soulignent la persistance de stéréotypes, voire de préjugés sexistes, dans la communauté des joueurs.

