En cette période estivale de transferts 2023, on assiste à une montée en puissance de dépenses vertigineuses, phénomène de plus en plus courant de nos jours. Les sommes investies en Premier League sont particulièrement impressionnantes.
Cette année pourrait cependant marquer un changement significatif dans le paysage footballistique traditionnel. En effet, la Saudi Pro League semble de plus en plus vouloir rivaliser avec les cinq grands championnats européens.
Prenons le temps d’examiner de plus près les sommes investies dans les six championnats les plus dépensiers du monde cet été. Pour information, toutes les données sont issues de Transfermarkt.
La Liga : des dépenses contrastées
Révolu est le temps où le Real Madrid et le FC Barcelone rivalisaient en investissant dans des joueurs comme Gareth Bale, Cristiano Ronaldo, Luis Suarez ou Neymar.
Ces deux clubs ont considérablement réduit leurs dépenses au cours des dernières années. Le FC Barcelone, confronté à de graves problèmes financiers, a été contraint à une relative frugalité, tandis que le Real Madrid a investi presque un milliard d’euros dans la rénovation du stade Santiago Bernabeu.
Cependant, malgré des dépenses nettes remarquablement faibles ces dernières années, le président du Real Madrid, Florentino Perez, n’a pu résister à l’appel d’un recrutement galactique. Jude Bellingham a ainsi été recruté pour la coquette somme de 103 millions d’euros, ce qui représente presque la moitié des dépenses totales de la ligue espagnole pour cet été. On se demande s’ils pourront encore se permettre un autre gros investissement en attirant Kylian Mbappé.
De leur côté, les champions en titre, le FC Barcelone, ont recruté Oriol Romeu pour seulement 3 millions d’euros, et ont signé Inigo Martinez et Ilkay Gundogan en tant que transferts gratuits. Ainsi, le total des dépenses de la Liga s’élève à 249 millions d’euros.
La Saudi Pro League : une montée en puissance
Le retour de Cristiano Ronaldo en janvier était peut-être un signe avant-coureur de la volonté de l’Arabie Saoudite de s’affirmer sur la scène footballistique mondiale.
De nombreuses recrues majeures de cet été ont en réalité été transférées gratuitement (Karim Benzema, Roberto Firmino, N’Golo Kante) ou pour des frais relativement modiques (Alex Telles, Jordan Henderson). Toutefois, là où les clubs de la Saudi Pro League sont en déficit de dépenses de transfert, ils compensent largement par des salaires exorbitants.
Et ils ont également payé des frais de transfert notables. En effet, neuf des plus gros transferts de l’histoire du championnat saoudien ont eu lieu cet été, avec en tête de liste Malcom (60 millions d’euros), Ruben Neves (55 millions d’euros) et Sergej Milinkovic-Savic (40 millions d’euros), tous recrutés par les champions en titre, Al-Hilal.
On peut s’attendre à ce que ce chiffre augmente de manière exponentielle dans les semaines à venir. Le seul Mbappé, avec une offre record mondiale proposée au PSG, pourrait doubler les dépenses totales à lui seul. Des chiffres tout simplement hallucinants. Ainsi, la Saudi Pro League atteint les 300 millions d’euros de dépenses.
Le face-à-face Bundesliga-Ligue 1
Comme toujours, on a assisté cet été à une véritable hémorragie de joueurs vedettes quittant la Bundesliga. Jude Bellingham (Real Madrid), Dominik Szoboszlai (Liverpool), Christopher Nkunku (Chelsea) et Moussa Diaby (Aston Villa) ont ainsi cherché de nouveaux horizons.
Mais des additions tout aussi impressionnantes sont venues compenser ces départs, avec Min-Jae Kim (50 millions d’euros, Bayern Munich), Lois Openda (43 millions d’euros, RB Leipzig), Benjamin Sesko (24 millions d’euros, RB Leipzig) faisant leur apparition dans le championnat allemand en 2023-24. La Bundesliga totalise donc des dépenses de 448 millions d’euros.
La Ligue 1, quant à elle, a connu un été intéressant avec le PSG. Lionel Messi et Sergio Ramos sont déjà partis et l’avenir immédiat de Kylian Mbappé est sérieusement compromis après qu’il aurait informé le club qu’il ne prolongera pas son contrat actuel au-delà de 2024.
Cependant, le PSG ne montre aucun signe de ralentissement lorsqu’il s’agit de renforcer l’effectif de Luis Enrique. Manuel Ugarte, Lucas Hernandez et Hugo Ekitike sont déjà arrivés pour un total combiné de plus de 100 millions d’euros.
Par ailleurs, des joueurs tels que Terem Moffi, Enzo Le Fee et Renan Lodi ont rejoint Nice, Rennes et Marseille pour des frais conséquents. Ainsi, la Ligue 1 totalise des dépenses de 456 millions d’euros.
Serie A et Premier League : le duel au sommet
La Serie A n’est plus dans son âge d’or des années 90 et début 2000, lorsque le championnat italien était le plus dépensier du monde.
Des clubs comme la Juventus, l’AC Milan et l’Inter ont leurs propres problèmes en coulisses, mais la Serie A se trouve actuellement devant l’Espagne, l’Allemagne et la France en termes de dépenses de transfert.
Aucun transfert cet été n’a dépassé les 30 millions d’euros, mais il y a eu beaucoup de mouvements. Le Milan AC a été le club le plus actif, recrutant Christian Pulisic, Samuel Chukueze, Ruben Loftus-Cheek pour un total relativement modeste de 56 millions d’euros. Ainsi, la Serie A totalise 520 millions d’euros de dépenses.

