La Russie exclue des qualifications Euro U17 : l’échec politique de l’UEFA

L’UEFA échoue à intégrer les équipes russes pour les qualifications de l’Euro U-17 malgré une tentative de révision de sa politique. Des divisions internes persistent, et des tensions subsistent suite à l’attribution des Euro 2028 et 2032. Le dilemme russe a même des répercussions en Suède avec la démission de Karl-Erik Nilsson.
Football : l'UEFA renonce à la réintégration des équipes russes de jeunes

L’échec de l’intégration des équipes russes en qualification pour l’Euro U-17

En dépit de tentatives pour moduler sa politique à l’égard des équipes russes, l’instance dirigeante du football européen, l’UEFA, a récemment indiqué que la Russie ne participerait finalement pas aux éliminatoires du Championnat d’Europe des moins de 17 ans ce mois-ci. L’échec à trouver une solution technique permettant aux équipes russes de jouer a entraîné le retrait de ce point de l’agenda lors de la dernière réunion du comité exécutif de l’UEFA.

Il y a deux semaines, l’UEFA avait tenté, de manière plutôt surprenante, de réviser sa politique initiale. Instaurée suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie l’an dernier, cette directive excluait toutes les équipes nationales et de club russes des compétitions internationales. Cette tentative de changement avait rencontré une forte opposition de la part des fédérations membres, obligeant l’UEFA à faire marche arrière.

Le principal argument avancé par l’UEFA pour ce revirement de politique était d’éviter de sanctionner les jeunes joueurs russes pour des décisions prises par leur gouvernement national. Selon la proposition, ces équipes auraient pu disputer des matchs à l’extérieur de leur pays, sans avoir le droit de porter leurs couleurs nationales, ni de jouer leur hymne national.

Des dissensions au sein même du comité exécutif

Cette mesure controversée a créé des divisions au sein du comité exécutif de l’UEFA, notamment parmi ses vice-présidents originaires d’Angleterre, de Pologne et du Pays de Galles. Ces derniers ont refusé de soutenir la proposition. De plus, au moins douze des cinquante-cinq fédérations membres ont déclaré que leurs équipes continueraient de refuser de jouer contre la Russie.

La division interne a atteint son point culminant avec la démission de Karl-Erik Nilsson. Il a quitté son poste de président de la confédération sportive suédoise, une institution soutenue par l’État, après avoir soutenu la décision pro-russe de l’UEFA, en contradiction directe avec la politique sportive nationale suédoise. Cependant, il conserve son poste de vice-président de l’UEFA, assorti d’une rémunération annuelle de 250 000 euros.

Étonnamment, Alexander Dyukov, le représentant du football russe au sein du comité exécutif de l’UEFA, était absent de la réunion en Suisse où cette décision a été prise.

L’attribution des Euro 2028 et 2032 crée des tensions supplémentaires

La récente attribution des droits d’accueil pour les Euro 2028 et 2032 a ajouté une autre couche de complexité à cette situation déjà délicate. Le Royaume-Uni et l’Irlande, dont les membres se sont opposés à l’intégration de la Russie, accueilleront l’édition 2028. En revanche, l’Italie et la Turquie, dont les membres du comité exécutif ont soutenu la mesure favorable à la Russie, organiseront l’édition 2032.

«Nous avons été très clairs sur la Russie», a déclaré Mark Bullingham, PDG de la Fédération anglaise de football, sans toutefois apporter de détails supplémentaires.

L’UEFA, y compris son président Aleksander Ceferin, a choisi de ne pas s’adresser aux médias à l’issue de la réunion, laissant ainsi de nombreuses questions sans réponse.

Le dilemme russe sème le trouble jusqu’en Suède

Il est à noter que ce débat a eu des conséquences au-delà des frontières de l’UEFA. Le vice-président le plus haut gradé de l’organisation, Karl-Erik Nilsson, a été contraint de démissionner de son poste à la tête de la confédération sportive suédoise, une entité financée par le gouvernement.

Ce départ fait suite à son soutien à la décision pro-russe de l’UEFA, en contradiction flagrante avec la politique sportive nationale suédoise.

 


Billet rédigé par Sylvain R. (modifié le mardi 10 octobre 2023 à 22:13) Avatar photo

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