À quelques mois de l’Euro 2024 qui se déroulera en Allemagne, la sélection hôte, fragilisée par une série de performances décevantes, cherche à renouer avec le succès. Dans cette optique, l’Association Allemande de Football (DFB) a confié les rênes de l’équipe à Rudi Voeller de manière intérimaire, avant la confrontation amicale de mardi contre la France, formation finaliste de la Coupe du Monde 2022.
Le rôle de Voeller, lauréat de la Coupe du monde en 1990, est primordial : insuffler un nouveau souffle à une équipe qui a perdu de sa superbe, et la préparer à briller lors du championnat européen sur le territoire national l’année prochaine. Ce changement à la tête de l’équipe fait suite au limogeage du précédent entraîneur, Hansi Flick, dont l’équipe a subi une humiliante défaite 4-1 face au Japon à Wolfsburg samedi dernier, prolongeant ainsi une série de contre-performances.
Un passage de témoin significatif
Flick, faisant face à un moment historique, est devenu le premier coach allemand à être démis de ses fonctions, une décision prise après une cascade de résultats décevants, notamment une sortie prématurée lors de la phase de groupes de la Coupe du Monde au Qatar l’année précédente. Voeller, qui a déjà occupé un poste intérimaire suite à l’échec catastrophique de l’Allemagne lors de l’Euro 2000, ne souhaite pas s’installer durablement à ce poste.
Lundi, à Dortmund, il a rejeté l’idée selon laquelle sa nomination pourrait être prolongée au-delà de ce mandat temporaire, quel que soit le résultat face à la France. Il a souligné que la priorité était de trouver un nouveau sélectionneur capable de redresser rapidement la barre et de préparer efficacement l’équipe pour le grand rendez-vous européen de l’année prochaine.
Une mission de redressement pressante
Voeller s’est montré réaliste et conscient des défis qui attendent l’équipe, déclarant que « les temps sont révolus » où l’Allemagne dominait systématiquement le football mondial. Il admet que d’autres nations et associations ont comblé le fossé, mettant ainsi fin à la suprématie traditionnelle de l’Allemagne dans ce sport. Voeller, anciennement directeur sportif de la DFB et membre de l’équipe de Flick, insiste sur le fait que son rôle actuel est un « cas unique », ne désirant pas prolonger son mandat au-delà de cette mission intérimaire.
Il se souvient avec émotion de son arrivée en février pour épauler Flick, dans l’espoir de le voir réussir. « Ce n’était pas un moment facile pour moi… Je suis venu en février pour soutenir Hansi Flick afin qu’il puisse réussir », confiait-il, exprimant sa conviction profonde que Flick avait les compétences nécessaires pour redresser la situation.
Solidarité et anticipation face à un adversaire redoutable
Ce sentiment est partagé par le capitaine de l’équipe allemande, Ilkay Gundogan, qui a exprimé lundi une « combinaison de déception, de tristesse et de frustration », regrettant que les performances insatisfaisantes de l’équipe aient coûté le poste à leur coach. Les joueurs se sentent responsables, avec une sensation d’avoir laissé tomber leur coach.
Dans cette période de transition, Voeller sera épaulé par le manager des moins de 20 ans de l’Allemagne, Hannes Wolf, et l’ancien attaquant du Bayern, Sandro Wagner. Les spéculations vont bon train quant à qui prendra les rênes de manière permanente, Julian Nagelsmann étant considéré comme le favori, malgré son licenciement du Bayern Munich en mars.
Un regard vers l’avenir
En prévision de la rencontre de mardi, Voeller met l’accent sur la stabilisation de la défense, un secteur qui a montré des signes de faiblesse récemment, l’équipe étant sans victoire depuis cinq matchs et ayant encaissé 13 buts durant cette période. Ils seront confrontés à une équipe française en pleine forme, dirigée par Didier Deschamps, qui n’a pas concédé de but lors de leurs cinq derniers matchs de qualification pour l’Euro 2024.
Les forces offensives potentielles de la France, incluant des talents comme Kylian Mbappe, Antoine Griezmann, Randal Kolo Muani, Marcus Thuram et Kingsley Coman, pourraient tirer profit des lacunes défensives allemandes révélées lors du dernier match contre le Japon. Voeller, conscient des enjeux, sait que la route vers la rédemption ne sera pas aisée.

