39 joueuses espagnoles boycottent la sélection : la crise continue

Trente-neuf joueuses espagnoles de football, dont la plupart ont remporté la Coupe du Monde Féminine, refusent de représenter l’équipe nationale en raison du scandale impliquant l’ancien président de la Fédération Royale Espagnole de Football.
Que se passe-t-il autour de la sélection féminine espagnole ?

Dans une manifestation sans précédent, trente-neuf footballeuses espagnoles, constituant la majorité de l’équipe victorieuse de la Coupe du Monde Féminine, ont publiquement déclaré qu’elles ne revêtiraient pas le maillot de l’équipe nationale lors du prochain tournoi de l’UEFA Women’s Nations League.

Cette décision survient après les récents bouleversements qui ont secoué la Fédération Royale Espagnole de Football (RFEF) suite au scandale impliquant l’ancien président, Luis Rubiales.

L’incident, qui a vu Rubiales embrasser de manière non sollicitée l’attaquante phare Jenni Hermoso après leur victoire en Coupe du Monde, a suscité une vague de critiques acerbes. En conséquence, il s’est vu contraint de démissionner de son poste à la tête de la RFEF, laissant un vide notable dans la hiérarchie du football espagnol féminin.

Un changement de cap nécessaire

Avant même cette récente démission, l’équipe technique dirigée par Jorge Vilda avait connu un véritable exode. Le poste de Vilda était devenu intenable suite à un rejet massif par une grande partie des joueuses de l’équipe nationale, y compris toutes les membres de l’équipe championne du monde. Ces dernières avaient clairement affirmé leur intention de ne plus jouer sous la houlette des « administrateurs actuels ».

Le staff technique n’a pas été épargné, onze des quatorze membres ont rendu leur démission, y compris l’assistant Montse Tomé. Ce dernier a, depuis, été promu au poste d’entraîneur principal, dans une tentative d’apaiser les tensions et de redresser la barre.

Une solidarité inébranlable

Cependant, la tentative de résolution semble avoir échoué, comme en témoigne une déclaration conjointe récente de trente-neuf joueuses. Publiée sur les réseaux sociaux vendredi dernier, juste avant l’annonce prévue de la composition de l’équipe par Tomé, elle confirme la résolution des joueuses à ne pas rejoindre l’équipe nationale. Elles exigent des mesures concrètes de la part de la RFEF pour régler les problèmes structurels qui entravent l’évolution du football féminin espagnol.

Sur l’ensemble des championnes du monde, seules Claudia Zornoza et Athenea del Castillo n’ont pas apposé leur signature sur cette déclaration, mettant en lumière une unité et une solidarité presque sans faille au sein de l’équipe.

Un avenir incertain

La Roja, comme est surnommée l’équipe nationale espagnole, fait face à un avenir incertain. En effet, elle est censée affronter la Suède lors de la League des Nations ce vendredi, avant un match crucial contre la Suisse le 26 septembre. Les répercussions de cette fronde collective sont encore difficiles à évaluer, mais une chose est sûre : le football féminin espagnol traverse une période de turbulence significative, et les prochains jours seront déterminants pour façonner son avenir.

Article rédigé par Mathieu C. Mathieu

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