Un but décisif réalisé d’une talonnade par Oumar Diakite durant les arrêts de jeu de la prolongation a offert à la Côte d’Ivoire, pays hôte, une victoire de 2-1 contre le Mali samedi à Bouaké, au terme d’un quart de finale du Coupe d’Afrique des Nations chargé d’émotion.
Réduite à dix joueurs suite à un carton rouge en fin de première mi-temps, l’équipe ivoirienne s’est retrouvée menée au score suite à un but de Nene Dorgeles, avant que Simon Adingra n’égalise à la 90ème minute.
Ce succès marque un nouveau rebondissement pour la sélection ivoirienne dans une compétition de l’AFCON aux multiples rebondissements, après s’être qualifiée de justesse pour les phases à élimination directe malgré une lourde défaite 4-0 contre la Guinée Équatoriale. Pour le Mali, cette défaite représente une issue déchirante, l’équipe ayant dominé une grande partie du match et, malgré un penalty manqué, semblait en route pour conserver son invincibilité lors des quarts de finale de cette compétition.
Des absences notables pour la demi-finale à venir
La sélection ivoirienne retourne maintenant à Abidjan, où elle affrontera la République Démocratique du Congo mercredi en demi-finale. Toutefois, Diakite sera absent, ayant écopé d’un second carton jaune lors de la célébration de son but victorieux. «Après un tel match, ce ne sont que des émotions qui prévalent», a confié Diakite, regrettant son geste d’excès de joie qui l’a privé de la prochaine rencontre.
Odilon Kossounou, expulsé en fin de première mi-temps, le capitaine Serge Aurier et l’attaquant Christian Kouame seront également absents pour la demi-finale, suspendus. Cette confrontation marquait le sixième affrontement entre les deux nations lors de l’AFCON, avec une Côte d’Ivoire qui avait remporté quatre victoires et concédé un match nul face à des Maliens dont le meilleur résultat fut une place de finaliste en 1972.
Un match marqué par des ajustements tactiques cruciaux
Emerse Fae, l’entraîneur intérimaire de la Côte d’Ivoire, a procédé à trois modifications dans son onze de départ par rapport à la victoire aux tirs au but en huitième de finale contre le Sénégal, champion en titre. Franck Kessie, buteur du penalty décisif, Nicolas Pepe et Kouame ont été alignés en remplacement d’Ibrahim Sangare, Diakite et Jean-Philippe Krasso. Le Mali a effectué un changement forcé, Diadie Samassekou prenant la place de Mohamed Camara, indisposé, au milieu de terrain.
Malgré le soutien de la majorité des 40 000 spectateurs présents en faveur de l’équipe hôte, le Mali a rapidement imposé son rythme. Les Aigles ont vu une demande de penalty refusée après que le ballon a touché la main tendue de Kossounou, un hors-jeu ayant été signalé auparavant. Cependant, lorsque Kossounou a fauché Lassine Sinayoko, l’arbitre égyptien a désigné le point de penalty, mais le tir de Adama ‘Noss’ Traore à la 17ème minute a été arrêté par Youssouf Fofana.
Une fin de match à couper le souffle
Peinant à se créer des occasions, la Côte d’Ivoire a vu Seko Fofana manquer une opportunité juste avant la mi-temps. La première période s’est compliquée pour Kossounou, expulsé après avoir reçu un second avertissement pour une faute sur Sinayoko. Fae a dû réorganiser sa défense en faisant entrer Wilfried Singo, sacrifiant Pepe, et la Côte d’Ivoire a eu de la chance de ne pas être menée à la pause.
Face à dix joueurs, le Mali a continué d’attaquer et a finalement ouvert le score grâce à Dorgeles, qui a décoché un tir depuis l’extérieur de la surface de réparation, trompant Fofana. Diakite, entré en jeu, a failli égaliser de la tête sur un corner. C’est finalement sur une déviation de Boubakar Kouyate que Adingra a saisi sa chance, envoyant le ballon au fond des filets du gardien Djigui Diarra, égalisant dans les derniers instants. Un autre remplaçant ivoirien, Sebastien Haller, a trouvé la transversale en début de prolongation.
Le même jour, le Cap-Vert affrontait l’Afrique du Sud, championne en 1996, dans le dernier quart de finale à Yamoussoukro, le vainqueur devant rencontrer le Nigeria pour une place en finale. Les ajustements et les moments décisifs de ce match témoignent de la passion et de l’intensité qui caractérisent le football africain, promettant d’autres rencontres tout aussi captivantes à l’approche de la conclusion de ce tournoi continental.

