Corinne Diacre brise le silence un an après son départ :
Un an après avoir été évincée de son poste de sélectionneuse de l’équipe de France féminine, Corinne Diacre revient sur les circonstances de son départ. Dans une entrevue exclusive avec L’Equipe, publiée mercredi, l’entraîneure de 49 ans révèle les dessous d’une conspiration visant à son renvoi. «Derrière l’hostilité manifeste à mon encontre, se cachait un stratagème minutieusement orchestré. Mon élimination était devenue une finalité», déclare-t-elle, en pointant du doigt l’influence néfaste de certaines figures emblématiques de l’équipe, ainsi que de Jean-Michel Aulas.
Wendie Renard, défenseure centrale de l’Olympique lyonnais et capitaine des Bleues, avait pris ses distances avec la sélection nationale, en critiquant ouvertement Diacre. Elle fut suivie dans cette démarche par Marie-Antoinette Katoto et Kadidiatou Diani, attaquantes au Paris SG.
«La parole de Renard étant privilégiée, du fait de son statut de capitaine, un conflit de narration s’est instauré entre sa version des faits et la mienne. Son influence au sein de la fédération, contrairement à la mienne, a pesé lourd dans la balance», confie l’ancienne sélectionneuse.
Des controverses et des alliances décisives
L’affaire Kheira Hamraoui, agressée en novembre 2021, a également joué un rôle clé dans cette affaire. Diacre, en rappelant Hamraoui en sélection nationale en février 2023, a suscité l’ire de certaines joueuses. «En soutenant la victime de l’agression, j’ai déclenché les foudres de quelques-unes, qui ont alors choisi de se ranger du côté de leur capitaine», ajoute-t-elle. Hamraoui entretenait des relations tendues avec Katoto et Diani au PSG, ces dernières étant proches d’Aminata Diallo, suspectée d’être l’instigatrice de l’agression.
Le rôle de Jean-Michel Aulas dans cette éviction n’est pas à négliger. Diacre accuse l’ancien président de l’OL, également responsable du football féminin à la fédération, d’avoir exercé une influence décisive, notamment après la démission de Noël Le Graët de la présidence de la FFF le 28 février 2023. «Avec la démission de Le Graët, Aulas a vu son influence s’accroître. Son ingérence dès le début, motivée par des désaccords sur la gestion des joueuses de son club, a été déterminante», explique-t-elle.
Une lutte contre la discrimination et le désir de rebondir
Corinne Diacre évoque également les défis auxquels elle a dû faire face, notamment les critiques personnelles liées à son apparence et son comportement. «Contrairement à un homme, une femme n’a pas le droit d’afficher de la fermeté sans être jugée. Moi, Corinne Diacre, je suis censée rester concentrée, sans quoi on me le reprocherait», déplore-t-elle, tout en exprimant son souhait de reprendre du service, idéalement à l’international.
La situation expose non seulement les luttes internes au sein des équipes nationales mais aussi les défis auxquels les femmes dans des rôles de leadership sportif doivent faire face. L’ancienne sélectionneuse des Bleues garde l’espoir de retrouver un poste d’entraîneure, témoignant de sa résilience face aux adversités et de son désir inaltérable de contribuer au monde du football.

