La ferveur ivoirienne embrase Bouaké lors de la CAN 2024

Pour une nuit, Bouaké s’est transformée en épicentre de l’effervescence en Côte d’Ivoire. L’occasion pour l’équipe nationale de fouler le sol de cette métropole, deuxième en termes de démographie après Abidjan, n’est pas fréquente. La rareté des matchs des Eléphants dans cette ville confère à leur présence un caractère exceptionnel.

CAN 2023 : CÔTE D'IVOIRE - MALI, Le miracle de Bouaké

Ce samedi 3 février, la qualification pour les demi-finales de la Coupe d’Afrique des Nations a marqué les esprits, transformant peut-être Bouaké en étape incontournable pour les futurs matchs. L’enthousiasme des supporters, venus en masse du sud, attestait de ce moment historique. Dès l’aube, ils ont quitté Abidjan, formant un cortège impressionnant de véhicules en direction du cœur du pays, signe précurseur d’un événement mémorable.

À bord de ces convois, une marée de tuniques orange inondait l’espace, symbole d’unité et de fierté nationale. Cette expression d’appartenance commune était d’autant plus significative après le parcours tumultueux de l’équipe, marqué par une défaite cuisante face à la Guinée Équatoriale et une qualification miraculeuse pour les huitièmes de finale.

Suite à leur victoire contre le Sénégal, les Ivoiriens, galvanisés, ont convergé par milliers vers le stade de la Paix de Bouaké, prêts à affronter le Mali dans un duel fratricide, sous le credo unificateur : « On gagne ou on gagne ».

Une atmosphère électrique sous le soleil de Bouaké

Le climat à Bouaké, marqué par une chaleur accablante de 38 degrés, offre cependant un avantage non négligeable : l’air y est plus sec qu’à Abidjan. Cette particularité climatique impose une économie de mouvements, une adaptation où chaque geste se fait précieux. Les habitués comme les novices apprennent à composer avec cette atmosphère étouffante, surtout lorsqu’il s’agit de soutenir leur équipe dans une rencontre cruciale.

L’engagement des supporters, manifeste bien avant le début du match par des chants et des danses, témoignait d’une ferveur exceptionnelle, presque irréelle, alliant chaos et douceur, démontrant une communion totale où la raison cédait sa place à la passion.

Cette exaltation collective a atteint son apogée lorsque l’égalisation ivoirienne est intervenue dans les derniers instants du match, avant de basculer dans l’euphorie totale à la faveur d’un but décisif durant la prolongation. Le sifflet final, synonyme de qualification en demi-finale, a plongé le stade dans une joie indescriptible.

La victoire a donné lieu à des scènes de liesse, où les accolades et les danses exprimaient une émotion pure, certains témoins rapportant même des larmes de joie.

Un triomphe partagé, symbole d’unité nationale

L’impact de cette victoire s’est répercuté bien au-delà des gradins, se propageant dans les couloirs et les alentours du stade, transformant chaque espace en un lieu de célébration. Micros et caméras sont devenus des exutoires pour les supporters, désireux de partager leur euphorie et leur soulagement après une tension palpable tout au long du match. Cette soirée restera gravée comme un moment où le cœur de la Côte d’Ivoire a battu à l’unisson, révélant la capacité du sport à fédérer et à susciter un sentiment d’appartenance profond.

Ce rassemblement autour des Eléphants, incarnant la détermination et la résilience ivoiriennes, a mis en lumière l’importance du football comme vecteur d’identité nationale. L’expression « Jouer avec le cœur, c’est ça les Eléphants ! Découragement n’est pas ivoirien ! » résume parfaitement l’état d’esprit des Ivoiriens, un peuple dont la fierté et la joie ont éclaté au grand jour à Bouaké. Ce soir-là, la ville ne battait pas seulement au rythme du football, mais aussi au diapason d’une nation unie par un amour inconditionnel pour son équipe.


Billet rédigé par Antoine B. (modifié le lundi 5 février 2024 à 1:28) Antoine

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