Simone Inzaghi et le renouveau tactique de l’Inter Milan

Le 1er avril de l’année passée marquait une période critique pour l’Inter Milan sous la direction de Simone Inzaghi. Battus 1-0 par la Fiorentina, les médias s’interrogeaient ouvertement sur l’avenir de l’entraîneur au sein du club. La Gazzetta dello Sport suggérait qu’il était peu probable de voir Inzaghi à la tête de l’Inter la saison suivante, à moins d’un exploit en Ligue des Champions, perspective alors considérée comme chimérique.

Le jeu de l’Inter reposait presque exclusivement sur la capacité d’un attaquant à reprendre des centres. L’équipe peinait à trouver le chemin des filets à domicile, sans paraître disposer d’un plan alternatif. Ce jour-là, Inzaghi fut critiqué pour son utilisation systématique des ailes, son manque de rotation dans l’équipe, voire son incapacité à renforcer le secteur offensif avec l’arrivée d’un joueur créatif comme Paulo Dybala l’été précédent.

Un style de jeu qui s’affirme avec éclat

Un an plus tard, jour pour jour, l’Inter, en tête du championnat de Serie A, s’impose 2-0 contre Empoli, démontrant une fluidité et une beauté dans le jeu. Ce succès représente la centième victoire d’Inzaghi en Serie A, établissant le meilleur taux de victoires parmi les entraîneurs de l’Inter ayant exercé plus d’un an, avec un taux de succès de 67% sur 150 matchs.

Plus que la distance de 14 points avec son poursuivant direct, c’est la manière qui impressionne. Chaque joueur, y compris les défenseurs qui ont inscrit quatre des cinq derniers buts, participe aux phases offensives. La Repubblica voit dans ce style des similitudes avec le football total néerlandais des années 70, une approche où la fluidité des positions et l’offensive imprévisible prévalent.

De la Lazio à l’Inter : une trajectoire ascendante

L’itinéraire d’Inzaghi, déjà remarquable à la Lazio où il a défié la Juventus pour le titre en 2019-2020 et remporté plusieurs coupes, attire l’attention. Malgré une élimination face à l’Atletico Madrid en Ligue des Champions, qui a suscité des critiques pour son choix tactique défensif, son bilan reste impressionnant. À la Lazio comme à l’Inter, il a su tirer le meilleur de ses effectifs, en dépit des contraintes financières poussant à la vente de joueurs majeurs.

L’arrivée et l’adaptation de Hakan Calhanoglu, sollicité personnellement par Inzaghi, illustrent la capacité de ce dernier à intégrer et développer des talents, poursuivant sur la voie du succès. Malgré le départ de figures clés comme Romelu Lukaku ou Marcelo Brozovic, l’Inter continue de briller, Inzaghi modelant une équipe résiliente et spectaculaire, qui a inscrit des buts dans chacun de ses 30 matchs de championnat cette saison.

Une approche modeste, des ambitions grandioses

L’humilité de Simone Inzaghi, loin de l’ambition débordante d’un Antonio Conte ou du charisme d’un Carlo Ancelotti, fait sa force. Privilégiant la simplicité, il concentre l’attention sur la performance de son équipe plutôt que sur son propre rôle. Ce trait de caractère, allié à une vision tactique perspicace, suscite l’intérêt de grands clubs européens, bien qu’Inzaghi reste attaché à son projet à l’Inter, avec un contrat s’étendant jusqu’en 2025.

La question de son avenir reste ouverte, surtout face aux défis financiers du club. Cependant, la présence rassurante de sa famille et de ses proches lui offre un équilibre, essentiel dans la gestion des pressions liées à son poste. L’Inter Milan, sous sa houlette, met en avant le collectif, laissant Inzaghi œuvrer dans l’ombre, fidèle à sa réputation de ‘l’homme normal’, capable néanmoins de prouesses extraordinaires.


Billet rédigé par Sylvain R. (modifié le vendredi 5 avril 2024 à 21:11) Avatar photo

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