Le 5 septembre dernier, la joueuse phare de la sélection espagnole, Jenni Hermoso, a brisé le silence devant la Fiscalía, levant le voile sur une affaire particulièrement délicate. Au cœur de cette tempête : un baiser non consenti de la part de Luis Rubiales, l’ancien président de la Fédération Royale Espagnole de Football (RFEF). Hermoso, dans son témoignage, dévoile un triste triptyque qui illustre non seulement la gravité de l’acte, mais également les mesures désespérées prises par les hautes sphères de la RFEF pour étouffer l’affaire.
Contrairement aux affirmations de l’ex-président de la RFEF, qui avait prétendu que leur contact était réciproque et empli d’euphorie, Jenni Hermoso se dit dépossédée de son droit au respect. Ce premier élément discrédite complètement la version de Rubiales et rétablit une vérité beaucoup moins flatteuse pour l’ancien dirigeant.
Dans la continuité de ce récit accablant, la joueuse espagnole pointe du doigt une tentative effrénée de la part de la RFEF de manipuler la narration. Elle révèle avoir été pressée par la Fédération de valider un communiqué dans lequel elle n’avait pas eu son mot à dire. Ce communiqué fut présenté à Hermoso alors qu’elle était dans un bus, un moment choisi avec soin pour maximiser la pression sur la joueuse.
Le rôle de Jorge Vilda et autres membres de la RFEF dans cette affaire
Outre ces tentatives, Jenni Hermoso révèle également avoir été assujettie à des pressions de la part de divers acteurs influents de la RFEF. Parmi eux, l’ancien sélectionneur Jorge Vilda est mentionné, accusé d’avoir tenté d’influencer le frère de Hermoso pour qu’il prenne position en faveur de Rubiales.
Emotionnellement éprouvée, Jenni Hermoso finit par exprimer qu’elle ne mérite pas de subir une telle dégradation de sa personne. Et ce n’était pas seulement sur la péninsule ibérique qu’elle se sentait assiégée. Même durant son séjour à Ibiza, elle fut la cible de pressions supplémentaires émanant des cadres de la RFEF.
Le journaliste Manu Carreño s’exprime sur l’affaire
Manu Carreño, journaliste réputé, commence son analyse en mettant en lumière l’incompétence manifeste de la RFEF dans sa gestion de l’affaire. Selon lui, l’accumulation de fautes et de décisions discutables n’a fait qu’aggraver une situation déjà tendue. De l’incident initial à la déclaration de Jenni Hermoso, il évoque un enchaînement d’événements inacceptables.
Carreño est sans appel sur le sujet : l’ampleur des contraintes, des manœuvres d’intimidation et des faussetés qui ont émané de la Fédération a poussé la joueuse dans une situation où elle n’avait d’autre choix que de s’exprimer devant les autorités judiciaires.
Après avoir écouté Jenni Hermoso déclarer explicitement que le baiser n’était en aucun cas consenti et qu’elle s’était sentie violée dans sa dignité, Carreño conclut que la situation parle d’elle-même et que peu d’autres commentaires sont nécessaires.
Le drame ne s’est pas arrêté à l’incident du stade. Entre les pressions dans le bus et celles subies dans l’avion, la voix de Jenni Hermoso était en passe d’être étouffée. Sans oublier les interventions publiques de Rubiales et d’autres responsables de la RFEF, tentant par tous les moyens de discréditer Hermoso.
L’entourage de Luis Rubiales a même tenté de ternir la réputation de la joueuse en suggérant qu’elle mentait. Face à ce tableau accablant, il semble que la RFEF et ses dirigeants aient en effet poussé Jenni Hermoso à un point de non-retour, la forçant à porter l’affaire devant la justice pour enfin faire entendre sa propre version des faits.

