En quelques mois seulement, le Stade Lavallois est passé du statut de possible relégué en National à celui de force dominante de la Ligue 2. Évoquant une mutation impressionnante, l’adage « But à Laval ! » n’est plus une boutade destinée à égayer les multiplex radios souvent soporifiques, mais une réalité tangible. La troupe mayennaise, en quête de sa septième victoire consécutive, se prépare à recevoir Saint-Étienne ce lundi 23 octobre, dans un duel qui pourrait leur permettre de creuser un écart de cinq points avec leur dauphin, Angers.
Qui aurait pu prévoir une telle ascension ? Pas plus tard que l’année dernière, le club évitait de justesse la relégation au troisième palier du football français. La survie en Ligue 2 fut arrachée lors de l’ultime confrontation du championnat, une victoire de 2-1 contre Amiens.
« Ce n’était pas lié à de la mauvaise gestion. Le sport n’est pas une science exacte », souligne Laurent Lairy, le président du club depuis mars 2021, en se remémorant les nombreux pépins physiques qui ont affecté son effectif.
En dépit de ces obstacles, Laval a réussi à clôturer la saison avec 46 points, flirtant avec la 12e place. Un total généralement suffisant pour garantir la pérennité en Ligue 2, mais loin de laisser présager une montée en flèche aussi rapide au classement. Alors, comment expliquer ce bouleversement spectaculaire ?
L’harmonie de l’intersaison, un gage de cohérence
L’une des clefs de cette métamorphose tient dans une gestion habile du mercato estival. Anthony Gonçalves, un vétéran ayant plus de 300 matchs à son actif avec Laval, pointe la qualité de l’intersaison. « L’effectif était presque au complet dès le démarrage des entraînements », dit-il. Ce qui contraste avec la saison précédente où Laurent Lairy, malgré son inclination pour la stabilité, a dû remanier l’équipe. Pour solidifier l’équipe, le président a également consolidé le staff d’Olivier Frapolli, maintenu à son poste malgré deux expériences malheureuses en Ligue 2 avec Orléans.
Une équipe taillée pour l’endurance et la performance
Sur le terrain, l’équipe ne manque pas de joueurs expérimentés. Le vestiaire est fort de personnalités comme Mamadou Samassa, Yohan Tavares, Jordan Adéoti, et Malik Tchokounté, entre autres.
Surtout, ce dernier s’est rapidement affirmé comme une recrue de choix, cumulant déjà cinq buts depuis son arrivée. Thierry Ruffat, commentateur historique des matchs des Tango, ne tarit pas d’éloges sur le collectif. « L’équipe alignée sur la feuille de match n’a rien à envier à celles assises sur le banc », insiste-t-il.
La Ligue 1 en ligne de mire ?
« Il est prématuré de nous imaginer en Ligue 1, nous n’en sommes qu’au premier quart de la saison », tempère Laurent Lairy. Toutefois, sa vision du club est articulée autour d’une ambition palpable. Une ébauche de ce dessein se dessine dans un document de 30 pages intitulé « Actions et vérités : cap 2025 », accessible au public.
Les transformations ne s’arrêtent pas à la simple performance sportive. Laurent Lairy veut insuffler une éthique multidimensionnelle dans le club, englobant des aspects sociaux, économiques et environnementaux. Ce souhait rejoint les attentes des habitants de la Mayenne qui, selon Anthony Gonçalves, « ont retrouvé le club à taille humaine qu’ils connaissaient ».
Après 34 années d’absence en Ligue 1, le Stade Lavallois aspire à suivre les trajectoires de formations comme Clermont ou Guingamp, qui ont réussi à s’imposer durablement à l’échelon supérieur. Ce n’est peut-être qu’un début, mais ce commencement retentissant ne laisse personne indifférent.

