Didier Digard, entre passion du football et désenchantement

Le récent mentor du Havre, Didier Digard, a exprimé ses sentiments dans une conversation avec L’Equipe, avouant se sentir mal à l’aise dans l’univers footballistique. L’idée de reprendre un rôle au Havre, où il a déjà brillé comme joueur de 2004 à 2007, ne lui semblait pas concevable initialement.

« Après, sans prétention, seule la Ligue 1 pouvait réussir à me faire partir de chez moi, de Monaco, et laisser ma famille. Ici, tout a évolué, le stade, le centre d’entraînement, c’est plaisant. Seul le temps n’a pas changé », a-t-il admis, convaincu par son compère Mathieu Bodmer, avec qui il avait partagé le brassard de capitaine à Nice. Depuis son arrivée, son équipe a participé à deux confrontations amicales, sans connaître la défaite jusqu’à présent (7-0 contre Drapeau Fougères et 1-1 face à Clermont), et il semble que cette nouvelle étape lui a permis de reconsidérer son lien avec le football, un sport avec lequel il n’éprouve plus la même identification.

La protection de sa famille, une priorité pour Digard

« Le football n’est pas un monde pour moi. J’aime le foot profondément. Après, tout ce qu’il y a autour, ça ne me plaît pas. Moi je n’aime pas juger les gens, critiquer les joueurs sans savoir leur investissement. Aujourd’hui, dans les commentaires, c’est au plus méchant, c’est ce qui fait le buzz. C’est l’évolution du monde. Moi c’est pour mes enfants que ça me fait chier. Ce sont eux qui sont impactés, pas moi. Ce sont eux que je voulais protéger. Mais ce sont eux aussi qui m’ont dit d’y aller », a révélé Digard lors de son entretien avec L’Equipe. Avant de s’engager à Nice en 2019, le technicien avait consulté sa famille, un « choix » qui aurait été différent s’il n’avait eu que ses propres désirs à considérer.

Estimant « injuste » la décision de l’OGC Nice de rompre avec lui, l’ex-entraîneur du groupe élite du club azuréen n’imagine pas s’éterniser en tant qu’entraîneur, alors qu’il atteint ses 38 ans. « Jusqu’à 55 ans, ce serait pas mal. En fait, ce serait presque trop. Je veux profiter de la vie, de mes enfants, d’ici là peut-être des petits-enfants. Le foot, c’est fantastique, mais c’est fantastique aussi à la télé. Donc la famille en premier et le foot un poil derrière », a-t-il précisé, mettant en avant l’importance de sa vie personnelle par rapport à sa carrière professionnelle.

Les défis d’adapter la carrière aux valeurs personnelles

Dans cette trajectoire professionnelle atypique, Digard souligne un conflit croissant entre ses valeurs personnelles et les exigences du milieu sportif. Son retour à l’entraînement, bien que marqué par des succès initiaux sur le terrain, est profondément teinté par son désir de préserver l’intégrité et le bien-être de ses proches face aux aspects parfois corrosifs du sport de haut niveau. Cette juxtaposition entre sa passion pour le football et son aversion pour les aspects moins nobles de ce monde illustre parfaitement les tiraillements rencontrés par de nombreux professionnels du secteur.


Billet rédigé par Antoine B. (modifié le lundi 29 juillet 2024 à 21:21) Antoine

Commentez cet article