Il fut un temps, pas si éloigné, où l’idée même d’affronter le Bayern Munich plongeait Arsenal dans une terreur absolue. Entre 2013 et 2017, à quatre reprises, les Allemands ont réduit en poussière les espoirs des Gunners dès les huitièmes de finale de la Ligue des Champions, les confrontations devenant de plus en plus difficiles pour les Londoniens.
Les trois derniers affrontements se sont soldés par des victoires écrasantes du Bayern, 5-1 à chaque fois, soulignant l’abîme séparant un prétendant européen incontesté d’une équipe d’Arsenal luttant pour retrouver son lustre d’antan sur la scène domestique.
Arsenal, prêt à inverser la tendance contre un Bayern en crise
Cette période de domination sans partage est révolue. Alors que les deux équipes se préparent à renouveler leur rivalité ce mardi soir, cette fois en quart de finale, Arsenal n’a plus à redouter le géant bavarois. Face à une équipe de Bayern en proie à une saison de désordres et de crises, les hommes de Mikel Arteta sont désormais considérés comme les favoris légitimes de ce duel.
La dernière humiliation d’Arsenal par le Bayern remonte à 2017, une défaite qui avait profondément marqué les esprits. Cependant, le contexte actuel voit le Bayern englué dans le tumulte, tandis qu’Arsenal est vu d’un œil bien plus favorable.
Des fissures au sein de l’équipe bavaroise
Malgré la présence de Harry Kane, auteur de 38 buts en 37 apparitions lors d’une saison inaugurale exceptionnelle, et un palmarès qui force le respect, le Bayern semble n’être que l’ombre de lui-même. La saison 2023-2024 se révèle atypique pour le club, avec des tensions palpables au sein de la direction, dans le staff technique et sur le terrain, le tout menant le club vers une saison potentiellement sans trophée depuis 2012.
La défaite de samedi dernier contre Heidenheim, où le Bayern a gaspillé une avance de deux buts pour s’incliner 3-2, le laisse à 16 points du leader invaincu de la Bundesliga, le Bayer Leverkusen de Xabi Alonso. Le couronnement de Leverkusen, premier club autre que le Bayern à remporter le titre depuis douze ans, n’est plus qu’une question de temps. Le Bayern pourrait même ne pas finir deuxième, Stuttgart le talonnant de près.
Une équipe en quête de renouveau
Le départ annoncé de Thomas Tuchel à l’été, et peut-être même plus tôt en cas de défaite contre Arsenal, souligne les difficultés rencontrées par l’entraîneur dans sa relation avec l’équipe. Les critiques épargnent Harry Kane grâce à ses performances exceptionnelles, mais peu de joueurs du Bayern semblent à l’abri des reproches, certains étant accusés de ne plus jouer sous les ordres de Tuchel depuis longtemps.
Les tensions entre Tuchel et son effectif ne sont pas nouvelles, débutant peu après sa nomination en remplacement de Julian Nagelsmann il y a plus d’un an. Le départ de figures clés de la direction, qui avaient soutenu Tuchel, a laissé un vide difficile à combler. Le style de jeu pragmatique de Tuchel, ses choix tactiques controversés, notamment concernant la paire de milieu de terrain et la défense centrale, n’ont pas trouvé grâce aux yeux des supporters et de certains joueurs.
La récente nomination de Max Eberl pour superviser les transferts, au-dessus du directeur sportif Christoph Freund, ajoute à l’incertitude sur la direction future du club et la recherche d’un nouvel entraîneur. Les déclarations d’Eberl, exprimant son exaspération et ses craintes face au défi représenté par Arsenal, témoignent de l’ampleur de la tâche qui attend le Bayern pour se réinventer.
Arsenal, sous la houlette de Mikel Arteta, présente un visage bien différent de celui des dernières années sous Arsène Wenger. Avec une défense solide capable de neutraliser Kane et une attaque fluide menaçant de tenir tête aux meilleures équipes d’Europe, les Gunners abordent ce duel en favoris. Le Bayern, dont l’aura a été ébranlée, ne devrait plus inspirer la crainte d’antan à Arsenal.

